À retenir dans cet article

  • Le cholestérol est une graisse nécessaire à l’organisme.
  • Il n’y a pas deux cholestérol, un bon et un mauvais. Il n’y a qu’un seul cholestérol. Il est simplement véhiculé dans notre corps par deux transporteurs différents : les HDL et les LDL.
  • En quantité trop importante, le LDL-cholestérol augmente le risque de maladies du cœur et des vaisseaux sanguins.
  • L’excès de LDL-cholestérol est souvent lié à notre alimentation et au manque d’activité physique. Privilégier des plats faits maison, les fruits et légumes frais, faire de l’exercice régulièrement permet de réduire son taux de cholestérol.
  • L’hypercholestérolémie familiale est une maladie héréditaire assez fréquente. Elle est généralement associée à un excès de cholestérol précoce, parfois dès l’adolescence. Son traitement implique souvent la prise de médicaments en plus des mesures d’hygiène physique et alimentaire.
  • Le cholestérol et les triglycérides sont mesurés par un bilan lipidique. Le taux de LDL-cholestérol à ne pas dépasser varie en fonction de mon cas personnel. Il est donc indispensable de discuter de mes résultats avec mon médecin.
  • Je dois surveiller mon taux de cholestérol : à partir de 50 ans si je n’ai pas de facteur de risque ; avant si je suis diabétique, insuffisant rénal ou hypertendu.

Il touche entre 20 et 30 % d’entre nous, provoque des maladies du cœur et des artères, et peut même être mortel : le cholestérol est souvent décrit comme un ennemi de la santé. Mais qu’en est-il vraiment ?

Qui n’a pas entendu dire ou dit lui même un jour cette phrase banale, et pourtant dénuée de sens : “J’ai du cholestérol” ? Pourquoi dénuée de sens ? Parce que nous avons tous du cholestérol : cette graisse est présente naturellement dans l’organisme, et elle est indispensable à la vie.

Ce qui peut poser problème en réalité, c’est l’excès de cholestérol. Comme l’hypertension, c’est un grand facteur de risque pour les maladies du cœur et de la circulation : AVC, infarctus du myocarde, etc.

En France, un infarctus sur deux serait dû au cholestérol, et plus d’un adulte sur 5 présenterait un excès. Si La Réunion est l’un des départements français où l’on consomme le moins de médicaments contre le cholestérol, un grand nombre de Réunionnais sont victimes d’accidents cardiovasculaires chaque année. Dans notre île, une personne sur quatre meurt d’une maladie du cœur et des vaisseaux.

Qu’est ce que le cholestérol et à quoi sert-il ?

Le cholestérol est une graisse qui circule dans le sang. Il est indispensable à notre santé car il intervient dans différents mécanismes essentiels au bon fonctionnement du corps :

  • Le cholestérol est l’un des ingrédients de la bile. Ce liquide verdâtre produit par notre foie est indispensable pour la digestion des aliments : en cassant certaines graisses issues de notre alimentation, elle permet au système digestif de les absorber.
  • Le cholestérol joue un rôle majeur dans la constitution des membranes des cellules. Il permet à la membrane des cellules qui composent notre corps d’être plus souple et de rester perméable (c’est-à-dire non étanches). Nos cellules peuvent ainsi laisser entrer et sortir les nutriments dont elles ont besoin pour fonctionner, mais aussi d’autres substances impliquées par exemple dans la communication cellulaire. Grâce au cholestérol, nos cellules peuvent donc se nourrir et communiquer entre elles.
  • Le cholestérol est l’une des matières premières à partir desquelles notre corps fabrique certaines hormones. La progestérone, les œstrogènes, la testostérone, le cortisol, la DHEA ou l’aldostérone sont ainsi fabriquées à partir du cholestérol. L’aldostérone, par exemple, est utile pour réguler la tension artérielle.
  • La vitamine D est également produite à partir du cholestérol. Elle est essentielle pour la solidité des os, l’immunité, la prévention du cancer, du diabète de type 2, de certaines maladies auto-immunes, de troubles cardiovasculaires et de la fatigue.
  • Enfin, le cholestérol entre en jeu dans la fabrication du coenzyme Q10. Ce dernier est important pour la production d’énergie dans l’organisme.

Si les excès de cholestérol sont néfastes pour la santé, nous pouvons donc aussi imaginer qu’un taux de cholestérol trop bas peut avoir de graves répercussions sur la digestion, la constitution des membranes cellulaires, les hormones, la vitamine D…

La carence en cholestérol est peu commune

Il faut noter que la carence en cholestérol, ou hypocholestérolémie, est un phénomène rare. Elle peut être d’origine génétique ou peut être secondaire. Cela signifie qu’elle peut être la conséquence d’un autre phénomène comme :

  • une dénutrition, un régime trop stricte
  • une malabsorption du cholestérol
  • une pathologie telle qu’un cancer

Y a-t-il un bon et un mauvais cholestérol ?

On entend souvent parler de bon et de mauvais cholestérol. Ce n’est pas tout à fait exact. En réalité, il n’existe qu’un seul cholestérol. En revanche, le cholestérol est véhiculé dans le sang par deux transporteurs différents. Selon qu’il est associé à l’un ou à l’autre, les effets du cholestérol vont être différents.

Pourquoi le cholestérol ne peut pas circuler dans le sang par lui-même ?

Comme on l’a dit, le cholestérol est une graisse. Et les graisses sont hydrophobes : elles “n’aiment pas l’eau”. Par conséquent, les graisses ne peuvent pas se dissoudre dans l’eau, donc dans le sang non plus puisqu’il en contient beaucoup. Lancé tout seul dans notre flux sanguin, le cholestérol flotterait bêtement à la surface, inutile, comme la graisse du boucané dans la marmite d’eau.

Le cholestérol a donc besoin d’un transporteur pour pouvoir circuler dans le sang. Ces transporteurs sont appelées lipoprotéines.

Il en existe deux sortes principales :

  1. Les LDL et le “mauvais cholestérol” :Les LDL (Low Density Lipoprotein) transportent le cholestérol du foie vers les organes et les tissus. Lorsqu’il est dans ce transporteur, le cholestérol devient ce qu’on appelle le LDL-Cholestérol, que l’on appelle communément le “mauvais cholestérol”.

    Pourquoi ? Parce que lors de ce voyage, le cholestérol est susceptible de se déposer sur les parois des artères. S’il s’y accumule, il finit par former des amas appelés « plaques d’athérome », responsables de nombreuses maladies cardiovasculaires. Ainsi, un taux élevé de LDL-cholestérol est associé à un risque cardiovasculaire accru.

  2. Les HDL et le “bon cholestérol” :Les HDL (High Density Lipoprotein) transportent le cholestérol en faisant le chemin inverse : depuis les organes vers le foie. On parle alors de HDL-Cholestérol, ou de “bon cholestérol”. Parce qu’en circulant dans le sang, les HDL-Cholestérol aspirent le cholestérol en excès dans les cellules. Ils le transportent alors vers le foie, où il sera éliminé.

    Des études ont démontré qu’un taux élevé de HDL-cholestérol était associé à une diminution du risque cardiovasculaire. En effet, les lipoprotéines HDL ont auraient pouvoir protecteur pour notre réseau sanguin car elles “nettoient” les parois des vaisseaux. Le HDL-cholestérol pourrait également présenter des propriétés anti-inflammatoires.

    Cependant, même si son utilité est prouvée dans l’organisme, avoir un taux de HDL-cholestérol très, voire trop élevé n’apporte pas de bénéfices supplémentaires !

En résumé

Nous avons tous du cholestérol, et c’est plutôt une bonne chose pour notre survie ! Comme souvent en matière de santé, ce qui est important, c’est la mesure : ni trop peu, ni en excès. Pour le cholestérol, il y a donc des valeurs à ne pas dépasser, sous peine de basculer dans une hypercholestérolémie.

Quand parle-t-on d’excès de cholestérol ?

On parle d’excès quand l’un des taux de cholestérol est supérieur aux valeurs de référence. Le taux de cholestérol est mesuré en grammes par litre de sang. Chez une personne en bonne santé, il devrait respecter les valeurs suivantes :

  • HDL-Cholestérol > 0,4 g / L
  • LDL-Cholestérol < 1,9 g / L
  • Cholestérol Total < 2 g / L.

LDL-Cholestérol : un seuil variable en fonction du risque

Le taux de LDL-Cholestérol maximal souhaitable varie en fonction de nos autres facteurs de risque cardiovasculaires. Plus nous présentons de risques, et plus il est conseillé de maintenir un taux de LDL-Cholestérol faible. Chez les personnes présentant un niveau de risque élevé, il peut ainsi être nécessaire de maintenir le LDL-Cholestérol sous la barre des 0,7 g / L.

Quelles sont les conséquences de l’excès de cholestérol ?

L’excès de cholestérol est l’un des ennemis de nos artères. Lors de son trajet vers les organes, le LDL-cholestérol qui ne peut pas être éliminé finit par se déposer sur la paroi de nos vaisseaux sanguins. Il forme alors des plaques de déchets graisseux qu’on appelle plaques d’athérome. C’est le cas en particulier dans les artères des jambes et du cœur, et dans les vaisseaux du cou qui vont vers le cerveau.

Ce dépôt de graisse pose deux problèmes potentiellement graves :

  • D’abord, il produit des lésions sur la paroi des artères, et les bouche petit à petit. Le sang circule moins bien vers les organes, et ces derniers sont donc moins bien oxygénés. Il est par exemple possible de développer une artérite au niveau des jambes : les artères se bouchent, et les membres manquent d’oxygène. D’abord le plus souvent sans symptôme, l’artérite peut ensuite provoquer des douleurs lors de la marche, voire des nécroses des extrémités dans les cas les plus graves.
  • Il peut également arriver que ces plaques se fissurent et obstruent tout le vaisseau. Ces fragments circulent alors dans nos artères et peuvent provoquer des accidents vasculaires graves, voire mortels : AVC et infarctus du myocarde. La rupture d’une plaque d’athérome est responsable de 80 % des morts subites — décès soudain et brutal d’une personne qui n’a le plus souvent pas eu de symptômes (par exemple : une crise cardiaque).

D’où vient le cholestérol ?

On a longtemps cru que le cholestérol provenait de notre alimentation. Ce n’est pas entièrement vrai. On sait aujourd’hui que le cholestérol est surtout fabriqué par notre foie, qui en produit 80 %. Seuls les 20 % restants sont issus de notre alimentation.

Un excès de cholestérol (ou une carence) peut donc avoir trois origines :

  1. Un problème de synthèse du cholestérol par le foie : La production de cholestérol par le foie ne fonctionne pas correctement : soit il en produit trop, soit il n’en produit pas suffisamment.
  2. Une mauvaise régulation du cholestérol par le foie : le système de régulation du cholestérol ne fonctionne pas correctement. En temps normal, le foie maintient un taux de cholestérol stable dans notre sang. Pour ce faire, il adapte sa production à la hausse ou à la baisse pour compenser notre alimentation. Ainsi, lorsque nous mangeons trop de cholestérol, notre foie le détecte et en produit moins. Si ce système de régulation naturel se détraque, des excès ou des carences sont possibles.
  3. Des apports extérieurs trop élevés ou trop faibles : Autrement dit, une alimentation trop riche ou trop pauvre en cholestérol et en mauvaises graisses. C’est la cause la plus fréquente de l’excès de cholestérol aujourd’hui. Notre foie est face à une quantité de cholestérol si importante qu’il ne parvient pas à la réguler complètement. En cas d’excès, le cholestérol s’accumule alors dans le sang.

Cholestérol et alimentation ?

Notre foie produit la plus grosse partie du cholestérol nécessaire. Il le fabrique à partir des matières premières fournies par notre alimentation : graisses, sucres et protéines issus de la digestion.

Notre alimentation ne fournit directement à l’organisme qu’environ 20 % du cholestérol qu’il contient. Ce cholestérol alimentaire est présent uniquement dans les graisses d’origines animales : les viandes, les œufs, la charcuterie et les produits laitiers, par exemple.

Les autres graisses alimentaires n’ont pas d’impact sur la quantité totale de cholestérol dans notre corps. En revanche, elles peuvent agir sur la forme qu’il prend. Ce que nous mangeons peut en effet augmenter ou diminuer la quantité de LDL ou de HDL en circulation dans notre sang. Ces protéines sont ensuite associées au cholestérol par notre foie pour former le LDL-cholestérol (“mauvais” cholestérol), et le HDL-cholestérol (ou “bon” cholestérol).

On sait notamment que les graisses suivantes on un effet néfaste sur l’équilibre entre “bon” et “mauvais” cholestérol :

Les acides gras saturés

  • Augmentent le taux de LDL-Cholestérol que l’on appelle communément le “mauvais cholestérol”.
  • Ils sont présents naturellement dans les crèmes, beurres, fromages, charcuteries,  l’huile de palme etc.
  • Il faut les limiter dans notre consommation en fréquence et en quantité, mais il ne faut pas les exclure car ils ont un rôle important !

Les acides gras trans

  • Augmentent le taux de LDL-cholestérol (autrement dit le “mauvais cholestérol”).
  • Diminuent le taux de HDL-cholestérol (communément appellé le “bon cholestérol”).
  • Présents à l’état naturel en petite quantité dans les aliments d’origine animale et les produits laitiers, ils sont aussi issus des transformations industrielles de la nourriture. Ils sont utilisés comme conservateurs et comme stabilisateurs, notamment dans :
    • les barres chocolatées
    • croissants industriels
    • biscuits
    • gâteaux apéritifs
    • pain de mie
    • plats préparés
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